Non, c’est pas le dernier tube tecktonic de Lorie que je vais vous chanter ! Restez assis donc, vous n’aurez pas non plus de cours de danse sur ledit théma.
‘Je vais vite’, ça veut dire quoi pour un surdoué ? Ce n’est pas qu’il veut aller vite, c’est qu’il va vite. Mais lui, il ne sait pas qu’il va trop vite, c’est les autres qui sont trop lents (Bah ouais, c’est fou non ?…). Dès lors, il est difficile de prendre au sérieux quelqu’un qui brûle les étapes communément établies, n’est-ce pas ? C’est vrai, c’est vrai qu’il effraie. Il n’est pas rare d’entendre de la bouche de ses proches : ‘Tu vas te planter, frêne un peu ! Tu brûles les étapes.’ Et là, c’est le sentiment de frustration qui nous gagne. En vérité, les gens confondent encore vitesse et précipitation.
A ce stade, j’ai besoin d’utiliser un terme pour qualifier notre singularité. Nous, surdoués, vous, normo-pensants ? Ca fait animal de laboratoire, non ? Bon, au risque de prendre des cailloux (d’t'façon, m’en fous… vous casserez votre écran)…
Les cerveaux des normo-pensants ont besoin de développements linéaires et de répétitions avant de valider une information. Et comme si cela ne suffisait pas, pour être sûr que vous savez comme la ‘norme’, le système éducatif a mis en place des phases d’évaluations de vos acquis.
Il m’a fallu longtemps pour comprendre que ces étapes ne sont que des passages pour s’assurer de la validité d’un certain acquis mais inadaptés à nos développements d’adultes surdoués. (Comme quoi, y a des trucs quand même pour lesquels je mets vraiment beaucoup de temps avant de comprendre …
) C’est la pouasse ! On comprend ou l’on veut tout comprendre trop vite. C’est une véritable torture de subir tout ces développements, une gageure. Et qu’on se rassure (enfin, façon de parler), tout système économique, politique ou social est construit sur ce mode d’éducation.
Bien entendu, je comprends aisément qu’il soit normal de mettre en place et en priorité, des procédés qui soient adaptés à la majorité de la population. Sauf que les surdoués ne s’y feront jamais vraiment. 1/3 d’entre eux n’arriveront pas à se conformer à ces standards, ils se retrouvent tôt au tard en échec. Quelle paradoxe !
De deux choses l’une : soit ils bénéficient d’un aménagement du système, pour les enrichir par exemple, soit ils finissent par créer leur propre système d’éducation, avec la perspective de s’exposer au danger de façon permanente. Oui, j’ai bien dit danger. Parce qu’allez trop vite, c’est s’exposer à des risques de tous ordres. C’est un peu comme vouloir courir alors qu’on vient à peine d’apprendre à marcher. C’est celui de comprendre avant de savoir faire. Somme toute, c’est invivable…
Il y a un danger toutefois, qui est relativement le plus grave à mes yeux. C’est cette particularité innée, inconsciente, de se soustraire au temps. C’est s’oublier intimement parce que nous sommes dépendants de notre curiosité au monde et aux autres, inlassablement. Telle une drogue. C’est aussi omettre de profiter pleinement du moment présent pour la seule et unique raison qu’on a encré au fond de nous cette singularité de vouloir allez toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort. Et ça n’a pas de fin.
Voilà pourquoi un surdoué ne connait pas de véritable liberté. Il est constamment sur la retenue . Son potentiel s’immunise peu à peu et il apprend après moult échecs, moult souffrances, à se conformer aux attentes de son entourage et aux protocoles du système. Il y consacre beaucoup d’énergie pour y arriver, c’est une question de survie pour lui. Suivant son contexte, parfois ça marche, souvent il passera pour un dingue. Jamais il ne connaîtra véritablement la paix de l’esprit.
PS : Je suis désolée, je vous ai fourgué le vidéo clip de Lorie … avec une p’tite variante toutefois !
Attention aux âmes sensibles, ça va très vite !
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